Limoges : Mobilisation contre les arrêtés municipaux A l’occasion de la Journée du refus de la misère

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Le Collectif "Vivre ensemble à Limoges" vient de se constituer à Limoges et appelle à une première mobilisation le vendredi 17 octobre à 18h place de la République. Il a choisi la Journée du Refus de la Misère pour marquer son indignation sur les arrêtés concernant l’exercice de la prostitution et l’occupation prolongée et abusive de l’espace public pris par le nouveau Maire de Limoges.

Le texte de l’appel du Collectif "Vivre ensemble à Limoges" en date du 13/10/2014

Arrêtez-les arrêtés, Arrêter la précarité.  

Le lundi 22 juillet, le maire de la ville de Limoges a signé des arrêtés interdisant l’exercice de la prostitution, ainsi que l’occupation prolongée et abusive de l’espace public dans plusieurs quartiers de la ville.

Sans sous-estimer les nuisances causées aux riverains et passants, nous, militants d’associations de santé, de lutte contre le Sida, associations féministes, de lutte contre les discriminations, d’aide à la réinsertion, de défense des droits de l’Homme mais aussi des personnes se sentant concernées, dénonçons des dispositions qui auront des conséquences dramatiques sur le plan sanitaire, social et humain.

Les quelques semaines écoulées depuis la mise en place de ces arrêtés, ont permis à notre collectif de constater les premières conséquences négatives de ces décisions :

- L’arrêté concernant l’occupation du domaine public, conduit de plus en plus à un climat de défiance et de rejet vis à vis de personnes qui sont déjà dans des situations précaires. Celles-ci étant à la rue, elles dépendent de la solidarité des passants. Sans avoir résolu les situations de pauvreté et de précarité, les autorités municipales contraignent les personnes les plus précaires à se déplacer aux marges de la ville, là où on ne les voit pas, contribuant à l’aggravation des situations.

- L’arrêté relatif à la prostitution, induit lui aussi un glissement géographique des activités de prostitutions notamment vers le secteur des bords de Vienne. Il place les personnes prostitué-e-s dans des situations de danger accrues du fait d’un éloignement et d’un isolement plus important face à des agresseurs.

Dans les deux cas le travail des acteurs de terrain est rendu plus difficile.

Nous nous interrogeons donc sur le bien-fondé de ces deux arrêtés. Que signifie la lutte contre les pauvretés lorsque les mesures prises par les pouvoirs publics sont la lutte contre les plus pauvres et les plus vulnérables ?

Nous sommes indigné-e-s par cette volonté d’interdire l’espace public à une partie de la population.
 
Nous sommes indigné-e-s par une mesure prise sans concertation avec les premier-e-s concerné-e-s, et sans se soucier de l’impact que celle-ci aura sur leur santé et leurs conditions d’existence.
 
Nous sommes indigné-e-s car dans toutes les villes où des arrêtés de ce type ont été pris, leur application a entravé le travail des associations de terrain et s’est traduite par une augmentation des violences, des difficultés économiques et des risques sanitaires pour ces personnes.
 
Pour nous, l’activité prioritaire à mener est celle de la lutte contre les pauvretés par un travail d’accueil, d’information, de prévention, d’accompagnement afin de permettre à tous et toutes de sortir des conditions de vie précaires, de rompre l’isolement, de rétablir du lien social, des espaces et temps de partages et d’échanges…

En conséquence, nous demandons le retrait de ces arrêtés et l’ouverture du dialogue avec les acteurs et les personnes concernés.

Le Collectif Vivre Ensemble à Limoges
Contact : cve.limoges@gmail.com

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