Brésil : Importante opération de police chez les "Tupinamba", Amnesty international lance une action urgente

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La MDH a soutenu, en octobre 2008, avec l’appui de la Région Limousin et du Ministère brésilien de la Culture, la Campagne de Paix d’une délégation de 3 indiens du Nordeste. Yakuy Tupinamba faisait partie de cette délégation, venue en Europe pour évoquer les droits des peuples autochtones, les changements climatiques et partager leur culture. Dans un même temps, au Brésil, la communauté de Yakuy, les Tupinamba, a subi des opérations policières. Lors d’une action de police, plusieurs indiens furent arrêtés, maltraités, leur cacique, qui a pu s’échapper est recherché ; Amnesty International vient de lancer une action de lettres pour eux, soyons nombreux à la relayer...

Faits :

La répression policière en action chez les Tupinambas près d’Olivença

La police fédérale est entrée dans le village de "Serra do Padeiro",le 20 octobre pour exécuter un ordre d’expulsion. Selon la police les indiens leur ont tendu une embuscade, selon les Tupinamba les policiers ont tiré quand ils étaient au centre du village.Lors de cette confrontation 3 indiens furent blessés par balles en caoutchouc et un car de police fut endommagé.

La police fédérale est revenue en force le matin du 23 octobre : une centaine d’hommes, 30 cars de police, un hélicoptère pour encercler et arrêter Babau, accusé d’avoir organiser une embuscade.Ils utilisèrent des gaz lacrimogènes, envahir les maisons et selon Magnolia Silva "retournèrent tout et emportant tous les couteaux et machettes".Ils arrêterent Gliceria da Silva la soeur de Babau.

Ils arrêtèrent Jurandi da Silva, alors qu’il conduisait un bus de la FUNASA (fondation nationale pour la santé) avec, entre autres, une femme enceinte et un nouveau né, pour le poste de santé.Femmes et enfants furent forcés de marcher 20 klm jusqu’à leur communauté. Jurandi fut battu si durement qu’il du être transporté à l’hôpital.

Les Tupinamba ont bloqué les routes de Serra do Padeiro en protestation contre cette opération. Les craintes sont réelles que la police fédérale utilise des forces encore plus importantes à l’avenir.
Plusieurs communautés Tupinamba ont souffert de menaces d’expulsions après l’échec de la FUNAI à trouver un délai court pour l’identification de la terre Tupinamba.La police fédérale a expulsé des Tupinamba de trois lieux alors qu’ils étaient occupés depuis si longtemps que les communautés avaient construit maisons, écoles et plantaient les cultures.. La police se préparait à expulser le village de Serra do Padeiro le 22 octobre, la Funai a obtenu une suspension de 180 jours mais la police continue son opération pour trouver Babau.

Rappel du contexte :

Les Tupinamba ont commencé le combat pour le droit institutionnel de leurs terres ancestrales depuis 2000.Ils ont réussi plusieurs "retomadas" (réoccupations des terres ancestrales) prés de la ville côtière d’Olivença au sud de l’Etat de Bahia et dans une zone intérieure montagneuse de plantations de cacao.Certaines de ces communautés se sont installées sur des terres qui étaient utilisées, avec l’appui de responsables politiques et d’hommes d’affaires locaux, pour des activités illégales d’exploitation forestière.Des retards dans l’identification officielle ont conduit à une série de confrontations avec la police fédérale.. Il y a d’importants retards pour cette identification par la Funai et la justice a échoué pour les règlementer.Pendant que les indiens attendent le règlement de leur légitimes revendications, ils souffrent de harcèlement, intimidations par les propriétaires et sont dans une extrême pauvreté. Après ces années d’inaction de la justice, beaucoup d’indiens passent à des actions directes d’occupations des terres qui leur ont été promises.
(cf.Constitution du Brésil de 1988- chapitre VIII)

Contenu des lettres :

- exprimer votre préoccupation concernant la sécurité de la communauté Tupinamba de Serra do Padeiro et en particulier du chef indien Babau et de son frère Jurandi.
- demander aux autorités d’ordonner des enquêtes indépendantes et impartiales sur les allégations d’emploi excessif de la force par la police fédérale et traduire en justice les responsables, comprenant ceux du commandement.
- demander à la Funai de conclure le processus d’identification de la terre Tupinamba. Les retards de ce processus laissant les communautés Tupinamba de Bahia exposées à des violations des droits humains.

Télécharger ici le modèle de lettre en français proposé par Amnesty International

Ecrire, aussi rapidement que possible, en français (ou portugais) à :

1)Ministre de la Justice
Exmo. Ministro da Justiça da República Federativa do Brasil
Sr. Tarso Genro, Ministério da Justiça
Esplanada dos Ministérios, Bloco T, 70712-902 - Brasília - DF, Brazil
Fax : + 55 61 3322 6817
Salutation : Excellence,(Vossa Excelência)

2)President de la FUNAI (Government Agency for Indigenous People)
Exmo. Presidente da FUNAI
Sr. Márcio Augusto de Meira
SEUPES Quadra 902/702 - Bloco. A
Ed. Lex - 3º Andar, 70340-904 - Brasília – DF, Brazil
Fax : + 55 61 3226 8782
Salutation:Monsieur le Président,( Exmo. Sr Presidente)

3)Secretariat Fédéral des Droits Humains :
Exmo. Ministro da Secretaria Especial de Direitos Humanos
Sr. Paulo Vannuchi, Esplanada dos Ministérios, Bloco T
70064-900 - Brasília – DF, Brazil
Fax : + 55 61 3226 7980
Salutation : Excellence,( Vossa Excelência)

COPIES à :
Indigenous Missionary Council (Cimi)
Rua Jose Bonifacio 336, B. Santo Antonio
45600 -000 Itabuna – Bahia, Brazil
Fax : + 55 73 3212 1171

Ambassade du Brésil
34 cours Albert 1er
75008 Paris
Son Excellence l’Ambassadeur
politico@bresil.org

En références :

Sur le site d’Indiosonline

Sur le site d’Amnesty

Sur le site de Survival

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