Mobilisation à Limoges et dans toute la France pour que la solidarité aux "sans papiers" ne devienne pas un délit !

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Mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les différents palais de justice.

A Limoges, un rassemblement est organisé par Emmaus 87, la Maison des droits de l’Homme et RESF87, pour tous les citoyens " aidants"
le mercredi 8 avril à 13h30 devant le Palais de justice - place d’Aine.

Aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner, ou seulement aider une personne en situation irrégulière est devenu un délit… Parce que le gouvernement français s’est donné comme objectif en 2009, l’interpellation de 5000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main d’œuvre et autres passeurs….

Nous sommes tous concernés par ces objectifs chiffrés, parce qu’avant d’être « sans-papiers », ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.

Manifeste des délinquants de la solidarité

Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2010 : 5 500
(Source : Loi de finances 2009)

Article L622-1 du code de l’entrée et séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA)

« Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 Euros. »

Le 18 février 2009, à 7 h 45 du matin, la police frappe à la porte de Monique Pouille, 59 ans, bénévole aux Restos du coeur et à l’association Terre d’errance. Depuis deux ans et demi, cette femme organise les dons de nourriture et d’habits pour les migrants qui errent autour de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre. Elle recharge aussi leurs portables. Les policiers lui on dit : "on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière".

L’interpellation le 16 février 2009 d’Hamid, un sans papier accueilli par la communauté Emmaüs de Marseille Pointe Rouge, s’est transformée le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté. Ainsi, sur décision du parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, Kamel un responsable de la communauté a été mis en garde à vue pendant 6 heures le 17 février.

Ces faits s’ajoutent à une liste déjà longue de militants associatifs ou de citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité ou agi avec humanité à l’égard de migrants privés du droit au séjour. Alors demain, quels gestes du quotidien seront punis pour remplir les objectifs du Ministère de l’immigration ? Votre médecin sera-t-il interpelé pour avoir soigné un sans papier malade, ou votre facteur pour lui avoir distribué son courrier ? L’instituteur de vos enfants sera-t-il inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ?

Nous sommes tous concernés : parce qu’avant d’être « sans papiers », ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies qui ont des droits et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.

Demain, ces citoyens et associations « coupables » d’aide au séjour irrégulier pourront être condamnés plus sévèrement encore.
Dans le même temps où on a créé un véritable délit de solidarité, le silence est fait sur la situation des étrangers en France et en Europe, et sur le rôle effectif de centaines d’associations et de milliers de citoyens solidaires des étrangers en situation irrégulière.
Je déclare être l’un d’eux. je déclare avoir aidé des étrangers en situation irrégulière. je déclare avoir la ferme volonté de continuer à le faire. De même que je réclame un changement radical des politiques à l’égard des immigrés et des étrangers, je réclame le droit à la solidarité, contre la logique de l’Europe forteresse.
Alors si la solidarité devient un délit, je demande à être poursuivis pour ce délit !

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- Pour en savoir plus sur la mobilisation au niveau national :
www.delinquants-solidaires.org

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