Samedi 24 novembre à Limoges, à l’appel de la Ligue des Soudanais, une manifestation a été organisée réunissant près d’une centaine de personnes pour soutenir les victimes d’une guerre civile qui ravage à nouveau le Soudan depuis 2023, et en particulier aux populations d’El-Fasher, Bara et Babnoussa, qui subissent aujourd’hui parmi les pires violences du conflit.
Après une accalmie de seulement trois ans, le Soudan est à nouveau en guerre [1] entre l’armée régulière et la milice appelée Forces de Soutien Rapide issue des Janjawids dirigés par le très sinistre Mohamed Hamdan Dogolo, alias Hemedti. Depuis la relance de la guerre, le bilan est d’ores et déjà considérable avec plus de 150 000 morts, 13 millions de déplacés, 25 millions de victimes de la famine.
Dans le cortèges les manifestants ont surtout exprimer leur inquiétude face à l’indifférence de la communauté internationale qui laisse le conflit se poursuivre. Il leur semble plus que nécessaire et important de partager cette réalité avec tout le monde et de sensibiliser la société française et internationale à ce qui se passe réellement au Soudan.
Ils entendaient notamment dénoncer l’influence des puissances étrangères qu’ils soient des Etats ou des multinationales qui profitent de la situation soit pour vendre des armes où se rapprocher d’un des belligérants pour des intérêts liés à l’extraction des ressources minières et pétrolières .
La communauté soudanaise de Limoges et du Limousin, a tenue à exprimer ce qu’ils vivent quotidiennement avec les ravages de cette guerre à travers leurs familles, leurs proches et leurs camarades. La ville d’El-Fasher a vécu un siège sévère pendant 18 mois entraînant des pénuries alimentaires extrêmes, l’effondrement des hôpitaux et de tous les autres services essentiels à la vie ainsi que le déplacement massif de civils. À Bara, les habitants vivent dans un climat d’insécurité permanente, sans eau, ni soins ni aides humanitaires. Babnoussa est encerclée depuis début 2024 : plus de 65 000 déplacés y sont piégés, confrontés à la faim, au manque de médicaments et aux bombardements réguliers.
La Maison des Droits de l’Homme a tenu à apporter son soutien à cette mobilisation pour tout d’abord faire en sorte se conflit sorte de l’oublie. Il s’agit aussi de de réaffirmer l’importance du droit international et du respect des droits humains dans un contexte où ces notions sont de plus en plus bafouées. Face à cette défaillance des pouvoirs politiques à laquelle nous assistons, il est plus que nécessaire que les société civiles se mobilisent et se retrouvent pour que ne soient plus perpétrées des crimes de masse comme en Ukraine, en Palestine, au Soudan, en République Démocratique du Congo ou dans bien d’autres régions du monde.
Articles précédents à lire : sur l’appel à la manifestation, la soirée organisée à Limoges le 27 mai 2025
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