Limoges : Les Francophonies 2026, des écritures pour dire et interroger le monde

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Les Francophonies donnent rendez-vous du 23 septembre au 3 octobre 2026 à Limoges et dans plusieurs communes de Nouvelle-Aquitaine pour une nouvelle édition des Zébrures. Théâtre, lectures, musique, danse, cinéma, rencontres et débats feront entendre des artistes et des écritures venues de différents espaces francophones. Cette année, le festival réunit pour la première fois ses anciennes Zébrures de printemps et d’automne en un seul grand rendez-vous annuel.

Parmi cette programmation particulièrement riche, plusieurs créations et rencontres font de la scène un espace pour rendre visibles des histoires longtemps tues, questionner les violences du monde et envisager les possibilités de résistance et de réparation.

Le Silence des tabous
Jeudi 24 septembre à 15h et vendredi 25 septembre à 18h30 – MAD Jean Moulin – Prix libre
Avec Le Silence des tabous, Ulrich N’toyo part des non-dits qui traversent un couple pour remonter vers une histoire collective : celle de l’esclavage et de ses traces encore présentes dans les sociétés et les familles contemporaines. Issu d’un travail de collectage mené entre l’Afrique, les Caraïbes et la France, le spectacle interroge les blessures transmises de génération en génération et la nécessité de faire émerger les récits enfouis. Présentée dans le cadre des 25 ans de la loi Taubira, l’œuvre fait ainsi de la parole et de la mémoire des outils de reconnaissance et de réparation.

L’Enfant-soldat née Musique
Vendredi 25 septembre à 15h et samedi 26 septembre à 20h30 – CCM Jean Gagnant – Prix libre
Écrit par Zarina Khan, L’Enfant-soldat née Musique suit Soledad, enrôlée de force à l’adolescence et hantée par les violences qu’elle a subies et auxquelles elle a été contrainte de participer. En transformant progressivement ses souvenirs de guerre en musique, elle tente de reconstruire son existence. Le spectacle donne une place et un visage à ces enfants que les conflits armés privent de leur enfance et violentent, tout en présentant la création artistique comme une possibilité de résistance face à la violence.

Silence
Mercredi 30 septembre à 20h30 et vendredi 2 octobre à 16h – CCM John Lennon – Prix libre
Dans Silence, texte du dramaturge congolais Israël Nzila mis en scène par Jean-Paul Delore, on explore la place que prend les violences, les traumatismes et les rapports de domination dans le regard que l’on pose sur les autres. Le spectacle interroge ainsi les violences faites aux femmes et les traces, individuelles comme collectives, qu’elles laissent sur les corps et les vies.
Cette réflexion sera prolongée le 2 octobre à 12h à la Maison des Francophonies lors d’une rencontre croisée autour du thème « Le corps des femmes comme champs de bataille », mettant en dialogue les équipes de Silence et de La Poupée barbue.

Un infime bruit du monde
Vendredi 2 octobre à 20h30 – CCM Jean Gagnant – Prix libre
Un infime bruit du monde réunira les auteurs et autrices dont les textes auront été présentés en lecture pendant les Zébrures. À partir d’une commande d’écriture et sous la mise en voix de Hassane Kassi Kouyaté, chacun et chacune partira d’un événement ou d’un « petit rien » du réel qui pourrait sembler insignifiant mais mérite pourtant d’être regardé et raconté. Une soirée collective qui affirme aussi la capacité de l’écriture à porter notre attention vers les expériences, les voix et les fragments du monde que le bruit général tend parfois à effacer.

Imago
Lundi 28 septembre à 19h30 – Cinéma Le Lido – Tarif unique : 6 €
Récompensé de l’Œil d’or du meilleur documentaire au Festival de Cannes 2025, Imago de Déni Oumar Pitsaev suit un homme qui hérite d’un terrain dans la vallée du Pankissi, en Géorgie, près de la frontière tchétchène. Dans une région profondément marquée par les guerres, son désir d’y construire une maison confronte son histoire d’exil à sa famille, aux traditions et aux attentes qui pèsent sur lui. À travers une trajectoire intime, le documentaire interroge l’appartenance, le déracinement et la possibilité de construire sa propre identité sans se laisser enfermer par les assignations familiales et sociales. La projection sera suivie d’une rencontre avec la productrice Alexandra Mélot.

Maux à mots, vers une langue de la réparation ?
Samedi 26 septembre à 15h – Maison des Francophonies – Entrée libre
La rencontre « Maux à mots, vers une langue de la réparation ? » pose directement la question du rôle de la parole face à la guerre, aux conflits et aux fractures du monde. Elle réunira l’autrice et philosophe Zarina Khan, dont le travail artistique est notamment lié aux droits humains et aux enfants confrontés à la guerre, et Fabienne Messica, représentante de la Ligue des droits de l’Homme. Leur échange cherchera ce que les mots peuvent encore produire face à la violence. Une réflexion sur une « langue de la réparation », sur la culture et la parole dans les combats pour la justice et la paix.

À travers ces propositions et de nombreuses autres, le festival tient à faire entendre celles et ceux que les guerres, les dominations ou les récits dominants réduisent au silence, transmettre les mémoires et créer des espaces où les expériences peuvent être partagées : l’art devient aussi un moyen de regarder le monde, de le questionner et d’imaginer comment le transformer.

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