Limoges : Des demandeurs d’asile sans logement ?

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Lundi 3 mai, la fermeture du foyer d’hébergement au 56, rue de Fontaury est programmée à 17h, comme chaque année pour 6 mois. Mais en 2010, sans budget complémentaire des financeurs, l’ARSL, Association de Réinsertion Sociale du Limousin, n’a aucune solution d’hébergement pour 9 demandeurs d’asile , dont deux jeunes enfants qui se retrouvent à la rue. Après des heures de négociations, notamment avec l’OFII, Office Français de l’Intégration et de l’Immigration , une solution transitoire a été trouvée in extrémis.

En effet à 17h45, Myriam Calderon, directrice de l’ARSL, est arrivée au foyer pour annoncer qu’après les contacts avec les financeurs, les personnes auront dés le soir une place en hôtel dans des chambres à un ou plusieurs lits. Elle s’est engagée à pouvoir assurer ces nuits d’hôtel jusqu’à l’intégration de ces demandeurs d’asile en centre CADA, centre d’accueil de demandeurs d’asile) des places devant se libérer en mai.

Fred Ben Khalfallah, responsable du foyer, nous a précisé que les 21 personnes hébergées (dont 2 jeunes enfants) étaient toutes en procédure d’asile, plusieurs avaient trouvé des solutions personnelles précaires, lundi matin une seule place à Tulle pour une femme avait été proposée.

Une dizaine de militants était présente , en soutien aux demandeurs d’asile puisque sans solution, les demandeurs déçus et méfiants avaient décidé de ne pas partir et que la police aurait pu venir les" déloger".

La Maison des Droits de l’Homme, alertée par "la Maraude", reste préoccupée par la dégradation des conditions de vie des migrants. En dépit de ses obligations l’Etat se décharge, sans l’accompagnement budgétaire correspondant, sur les associations pour trouver une domiciliation, un hébergement, des bons alimentaires ou de transport, une aide pour leurs démarches d’asile.

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Jeudi 22 avril, une mobilisation avait déjà eu lieu devant la préfecture de Limoges pour dénoncer la dégradation de l’accueil des personnes sans logis et notament des migrants. Les salariés du centre de jour s’étaient d’ailleurs mis en grève pour dénoncer cette détérioration des moyens mis en oeuvre.

En France plus de 15 000 personnes sont en attente d’une entrée en CADA.( une centaine en Haute Vienne ). De plus, l’utilisation excessive des procédures Dublin II et prioritaire (plus d’un tiers des demandes traitées en 2009 en France, demandeurs originaires de pays " sûrs") conduit à priver des demandeurs d’un accueil décent (pas d’accès aux CADA, pas d’Allocation d’attente).
Cette situation a fait l’objet de condamnations par les juridictions administratives (Conseil d’Etat). Elle s’ajoute à la grave crise des mals logés, pouvant créer une concurrence entre exclus.

Lundi 3 mai était une journée nationale de mobilisation pour un accueil décent des demandeurs d’asile par la CFDA Coordination française pour le Droit d’Asile.
voir communiqué : http://www.gisti.org/spip.php?artic...

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