Afrique de l’ouest : La situation de vie des personnes vulnérables pendant la crise du covid-19

Publié le : , par  Rasmata Compaoré
Le marché à Ziniaré
Photo d’archives - GB

Dans cette crise sanitaire, si le Covid-19 rend la vie difficile à tous, les personnes les plus vulnérables sur le plan économique sont encore plus dans la peine. Elles subissent grandement les conséquences désastreuses de la pandémie : La dégradation de la situation des familles impacte aussi celles des enfants et les aides apportées par les autorités comme par les associations ne suffisent pas à enrayer cette situation de crise.

La majeure partie de la population de l’Afrique de l’ouest est pauvre ou de revenu très modeste. Elle vit au jour le jour, à travers de petites activités commerciales telles que la vente de légumes dans les marchés et yaars [1], les petites prestations de services , le tri dans les décharges… Avec des revenus aussi faibles, les personnes doivent non seulement assurer l’alimentation de la famille et mais aussi la scolarité de leurs enfants.
Avec cette pandémie qui sévit dans le monde leur situation de vie est devenue plus précaire ; les autorités des différents Etats ont pris des mesures qui empirent leur situation. En effet ces mesures telles que la fermeture des marchés, l’interdiction des rassemblements, la mise en quarantaine de certaines villes et les différents couvre feu contribuent à restreindre de façon très importante leur pouvoir d’achats.
Malgré le soutien que les autorités leurs octroient, celui-ci s’avère insuffisant au regard des bénéficiaires potentiellement très nombreux. Aussi un grand nombre d’associations et de personnes de bonne volonté se sont lancées dans des campagnes de dons en aliments, de masques, de gel, de savon et de petites sommes d’argent autant qu’elles peuvent mais tout cela n’arrive toujours pas à remédier à une situation aussi difficile.
Dans un contexte où pour un bon nombre de personnes pauvres voient leur revenu ainsi diminué, il est difficile de devoir faire face à la fois aux besoins alimentaires et ceux nécessaires pour une protection sanitaire telle que se procurer des masques, du savon pour le lavage des mains et le gel hydroalcoolique dont les prix sont hors de leur porté. Dans certains cas on apprend que le port du masque a été rendu obligatoire comme à Ouagadougou à partir du 27 avril 2020 [2]

Comment les habitants les plus vulnérables économiquement peuvent faire face aux mesures prises par les autorités ?

On en arrive au contexte où les personnes dont les activités étaient le commerce ne peuvent plus assurer leur revenu avec la fermeture des marchés, la mise en quarantaine des villes ainsi que la suspension des transports en commun. C’est la menace de la faim qui est apparue à côté de celle de la maladie du Coronavirus. Face à ce dilemme, les personnes choisissent donc de s’exposer à la maladie plutôt que de voir leurs enfants mourir de faim. Un bon nombre d’habitants sont poussés à défier les mesures des autorités en essayant simplement de continuer leur petit commerce dans les rues. Du coup, elles doivent subir les représailles des forces de l’ordre et de sécurité, elles se font saisir leurs marchandises et souvent même reçoivent des coups.
Les manifestations d’humeur se sont multipliées de plus en plus pour réclamer l’ouverture des marchés comme ce qui a été obtenu à Ouagadougou fin avril [3]

Des reculs sur le plan des droits de l’enfant

Contrairement à ce qui se passe en Europe, la fermeture des écoles et universités pour éviter la propagation de la maladie ne s’est pas avérée aussi efficace qu’attendue. Désormais les enfants et les jeunes s’orientent de plus en plus à des petites activités pour survivre (ventes de petits articles dans les rues). Les filles sont en première ligne pour aller aider leur maman dans les petits commerces.

On en arrive à une aggravation de la traite des enfants et la violation de leurs droits. Le travail des enfants repart à la hausse comme on peut le constater en particulier dans des pays tels que la Cote d’Ivoire, le Burkina Faso ou le Togo.

Que faire ? Il faudra bien que les autorités trouvent des solutions car ils sont censés être les garants du bien être de leur population. Mais en attendant, une solidarité forte des associations et de toute personne de bonne volonté ainsi que les partenaires internationaux envers ces personnes vulnérables est sollicité.

Pour aller plus loin :
- A lire l’article précédent sur l’action du REZAS à Ziniaré
- Voir le site Droit Libre TV et ses nombreuses vidéos et reportages sur l’Afrique de l’Ouest
- L’appel de l’Association Faso Durable à la solidarité

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