Coup d’état au Burkina Faso : Est-ce un remède salvateur ? #Burkina #BurkinaFaso

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Kossyam, le palais présidentiel à Ouagadougou, théâtre des derniers évènements

Lundi 24 janvier 2022 à Ouagadougou, le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) conduit par le colonel Paul Henri Sandaogo Damiba à la tête d’une junte militaire a renversé le régime démocratiquement élu du Burkina-Faso. Au cours de cette même soirée, les militaires ont annoncé l’arrestation du président de la république Roch Marc Christian Kaboré ainsi que la dissolution de son gouvernement et de l’ assemblée nationale.

Ce coup d’état intervient au moment où le pays vit une situation sécuritaire déplorable. Depuis 2015, le pays connaît des attaques terroristes dans plusieurs régions notamment dans les régions du Sahel, du Nord et de l’Est en particulier. Ces attaques terroristes ont causé la mort de plus de 2000 personnes et un nombre de déplacés internes avoisinant 2,5 millions. Cette situation a grandement contribué à la remise en cause de la gestion du pouvoir politique en place.

A cela s’ajoute, la violation répétée des droits de l’homme qui a connue une certaine aggravation au cours des derniers mois : interdiction des manifestations, restrictions des libertés d’opinions, de la libre circulation des personnes notamment des déplacés internes vers la capitale, sans oublier les coupures d’Internet. A lire la prise de position d’un certain nombre d’acteurs contre les coupures d’Internet [1]

Selon les témoignages de nos partenaires du RéZAS (Réseau Zoodo Action et Solidarité) du Burkina Faso, ce coup d’état a été largement bien accueilli par la population qui s’est vue libérée et soulagée des oppressions mises en place par le gouvernement pourtant démocratiquement élu. Depuis des mois, un ressentiment de la population n’a fait que s’aggraver à l’encontre du gouvernement. les coupures d’Internet ont aggravé cette situation de tension amenant une part importante de la population voir de la société civile à souhaité le départ du gouvernement.

Lors de nos échanges avec le REZAS cette semaine deux paradoxes ont été soulevés :

- Alors que la communauté internationale semble s’orienter vers une condamnation ferme de l’action de la junte militaire, à contrario l’opinion publique burkinabé considère comme héroïque l’action de la junte militaire pour la libérer d’une oppression tout en imaginant des avancées en matière de sécurité et d’une espérance d’un lendemain meilleur.

- Les médias français mette beaucoup en exergue l’accroissement du sentiment anti-français au Burkina Faso. Pour le REZAS ce n’est pas tout à fait la réalité : Il y a en effet l’expression d’une très grande opposition dans la façon d’intervenir de l’armée et du gouvernement français jugés inefficaces. Cependant, cela ne va pas jusqu’à nier les amitiés qui ont été noués avec les français en général ni même à renier des valeurs dont la France n’a pas toujours été à la hauteur en ce qui concerne la défense de la démocratie et des droits humains. Il y a la une forte attente à ce que le gouvernement français se comporte un peu moins en donneur de leçons.

Entre un gouvernement démocratiquement élu qui sous l’emprise du terrorisme finissait par renier les libertés publiques et l’action d’une junte militaire qui semble avoir été poussée en partie par l’expression d’un sentiment de rejet populaire, les observateurs tout comme les acteurs de la société civile balancent entre un sentiment d’espoir de changement mais aussi de crainte et de vigilance au regard des dérapages qui pourraient à nouveau intervenir.

A lire le dossier réalisé sur la situation au Burkina Faso début 2020 par la MDH pour le site RITIMO.

[1A lire la déclaration commune sur le site de l’Association des Blogueurs du Burkina

A retenir sur le plan national et international

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