Le Limousin en appui à un forum sur les violences faites aux femmes au Burkina Faso

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Germaine Yameogo (Juge au tribunal de grande instance de Ziniaré) en militante déterminée et courageuse des droits de la femme
Lors du forum provincial de l’Oubritenga sur les violences faites aux femmes - Mercredi 7 mars 2012

Du 6 au 8 mars, les organisations de femmes de la Province de l’Oubritenga se sont réunies à Ziniaré (Capitale de la Région du Plateau Central au Burkina Faso) lors d’un forum où elles ont pu faire le point sur les violences dont elles sont les victimes, échanger sur des stratégies d’actions pour faire reconnaître leurs droits et lutter contre toutes les formes de discriminations. Cet événement s’inscrivait dans le cadre du partenariat entre la Région Limousin et celle du Plateau Central (FASOLIM)

Il faut dire que la situation des femmes en Oubritenga, même si le contexte s’améliore peu à peu, reste très préoccupante. Ainsi, la très grande majorité des femmes ont eu à subir ou subissent encore des violences. Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes, ceci d’autant plus, que quand le poids des traditions est fort, la situation d’infériorité de la femme est encore plus renforcée.

Parmi les pires exactions, il y a très certainement la pratique de l’excision beaucoup pratiquée dans la Région du Plateau Central. Cette région se situe en deuxième position sur le plan national pour le nombre de femmes qui sont victimes de telles pratiques après la région de Ouahigouya. Il faut dénombrer encore de nombreuse pratiques traditionnelles comme celle du mariage forcé, celle de considérer les femmes comme de « vieilles sorcières » souvent exploitées ou dévalorisées par leur belle famille, il y a la pratique des viols intra-conjugaux, le fait que les filles ne sont pas très souvent scolarisées ou encore les femmes sont encore trop fréquemment exploitées et confinées à des taches ménagères.

Il est à noter que le thème mis en avant pour cette journée mondiale des droits de la femme était dédié à « Donner la vie sans périr » pour appeler à une amélioration des conditions d’accouchement et appeler les hommes à leur responsabilité. On dénombrait au Burkina Faso 307 décès de mères pour 100 000 naissances en 2006 (contre 484 en 1998). Pour mémoire dans les Objectifs du Millénaires pour le Développement à atteindre en 2015 ce chiffre devrait être de l’ordre de 100 décés pour 10 0000.

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La mobilisation des femmes lors de ce forum provincial

Face à ce terrible constat, les organisations de femmes présentes lors de ce forum ont tenu à marquer leur engagement pour lutter à la défense de leurs droits.
Germaine Yameogo, seule femme magistrat au tribunal de grande instance de Ziniaré, est longuement intervenue pour rappeler les textes en vigueur sur le plan mondial, inter-africain ou national qui vont tous dans le sens de la protection des droits des femmes. Elle est intervenue avec force pour dire que la maternité est une fonction sociale et non une responsabilité unique de la femme en évoquant la fonction parentale qui doit être partagée par les deux parents. Si des progrès ont été obtenus dans le recul des violences faites aux femmes, c’est grâce à cette mobilisation à lutter contre l’ignorance en faisant connaître l’existence des divers textes juridiques qui sanctionnent les violences faites aux femmes. Il y a encore un important travail de plaidoyer à faire en direction de la justice, de la police, du corps médical. Il faut aussi travailler pour faire reculer le poids des sociétés traditionnelles en allant à la rencontre des chefs religieux ou coutumiers.

Région du Plateau Central - Burkina Faso

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