Saint Yrieix la Perche : Alerte à la vidéosurveillance

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Communiqué commun de la Ligue des Droits de l’Homme, du Syndicat des Avocats de France et d’Attac 87 - Limoges, le 15 février 2012

Saint-Yrieix la Perche (Haute-Vienne) : Mais quelle mouche les pique donc ?

Voici que la commune de Saint-Yrieix la Perche, a décidé de se doter de 9 caméras de vidéo-surveillance, s’assimilant ainsi à ces communes où la délinquance est soit un phénomène important, soit un argument électoral. Une première en Haute-Vienne.

Photo d’archive : Vidéosurveillance à Paris

La municipalité, se rapprochant dangereusement de la politique du « tout sécuritaire » prônée par le gouvernement actuel, impose à ses citoyens une « vidéo-protection » afin de permettre à d’éventuelles infractions d’être élucidées.

Cette décision est aussi dangereuse qu’inutile :
- Une décision dangereuse : c’est une atteinte directe aux libertés individuelles
transformant tout citoyen en présumé délinquant.
- Une décision inutile : Le taux d’élucidation des délits par des caméras installées
sur la voie publique est de 1 à 2%.
- Une décision à la fois dangereuse et inutile : ces installations réalisées sans aucune évaluation de leur efficacité, sont coûteuses et absorbent des crédits qui pourraient être déployés à meilleur escient telles que les mesures liées à la prévention et à l’accompagnement.
- Une décision à la fois dangereuse et inutile prise sans information objective ni consultation préalable des habitants.

Tous ces arguments ont déjà été énoncés dans un rapport de la Cour des comptes sur « L’organisation et la gestion des forces de sécurité publique » en juillet 2011.

La Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des Avocats de France et Attac réaffirment que la liberté est une des valeurs fondamentales de notre société. Est-il nécessaire de rappeler l’article 5 de la déclaration des droits de l’Homme : « tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché » ?

La commune de Saint-Yrieix la Perche a décidé de considérer ses administrés comme des suspects potentiels. Elle adhère au fichage « aux soupçons ».

La Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des Avocats de France et Attac de Haute- Vienne dénoncent ce choix d’une société de la surveillance généralisée au dépend d’une société de la solidarité.

En 2012

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